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En Route vers un Nouveau Territoire

Balbuzard pêcheur
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Les anciens littoraux

La recherche de témoignages archéologiques supportant l’hypothèse d’une route côtière est limitée par le fait que le littoral le long duquel les premiers habitants auraient voyagé était très différent de la côte du Pacifique actuelle. À l’époque où les premiers arrivants auraient pu entreprendre leur voyage en Amérique du Nord, une partie importante de l’eau terrestre était emmagasinée dans les glaciers, entraînant une baisse des niveaux marins à travers le monde de l’ordre de 100 – 150 mètres. D’immenses étendues de terres aujourd’hui submergées étaient exposées, incluant le pont terrestre de la Béringie qui connectait jadis la Sibérie à l’Alaska, et de vastes portions du plateau continental au large de la côte nord-ouest du Pacifique. C’est le long de cet ancien littoral que les premiers arrivants auraient voyagé, mais lorsque les glaciers ont fondu et que les niveaux marins se sont élevés, ce littoral fut submergé, de même que toute trace archéologique de présence humaine. Pour que les archéologues trouvent des témoignages supportant la route côtière, ils doivent d’abord retrouver cette côte aujourd’hui submergée.

L’identification d’anciens littoraux est un processus complexe. Quoique les niveaux marins aient généralement été plus bas au cours de la glaciation, ils étaient en fait plus élevés qu’aujourd’hui dans certaines régions de la côte du Pacifique. Ceci est dû à un phénomène connu sous le nom de dépression isostatique, qui se produit quand le poids des glaciers enfonce le continent, entraînant une hausse des niveaux marins relatifs. Quand la glace fond, le continent rebondit vers le haut. Quoique plusieurs anciens sites côtiers puissent aujourd’hui être submergés sous plusieurs mètres d’eau de l’océan, d’autres peuvent être cachés loin à l’intérieur des terres dans la forêt humide côtière.

Pour surmonter ces difficultés, les géologues ont créé des chartes détaillées du niveau marin local pour plusieurs régions de la côte, et ces données sont utilisées pour reconstruire les anciens littoraux. La télédétection du fond marin au large de Haida Gwaii Haida Gwaii a permis d’identifier d’anciens lits de rivière et des planchers forestiers, fournissant des indices supplémentaires quant à la localisation possible de sites archéologiques.

La recherche sur ces anciens littoraux est incroyablement difficile. Les reconstructions mettent la profondeur de certains de ces drainages de fleuve et des anciennes terrasses à 50 mètres au-dessous de l'océan moderne. La profondeur et l'eau froide rendent n'importe quelle fouille sous-marine presque impossible, mais on peut apercevoir ce qui s'étend juste au-dessous des anciens lits de rivière. Utilisant les cartes reconstruites du paleoenvironnement et du paysage, Daryl Fedje et une équipe d'archéologues du Service des Parcs Nationaux Canadiens ont laissé tomber un seau de coquilles de palourdes à plus de 50 mètres de la plate-forme d'un navire de la Garde Côtière. Quand le seau a été retrouvé, l'équipe a méticuleusement trié la collecte des résidus du lit de l’océan, découvrant un unique évident artefact. Bien que cela ait été un essai, la récupération d'une lame d'ardoise de 50 mètres au-dessous de la surface démontre la probabilité que les humains occupaient ces anciens littoraux.

Ces techniques ont circonscrit la recherche, mais il reste encore beaucoup de travail à faire avant que des témoignages archéologiques concluants supportant la route côtière soient retrouvés.

Reconstruction de littoral du nord de la Colombie-Britannique et de Haida Gwaii

Reconstruction de littoral du nord de la Colombie-Britannique et de Haida Gwaii
© Renée Hetherington, J. Vaughn Barrie, Roger MacLeod, and Michael Wilson,
2004. Quest for the Lost Land. Geotimes 49 (2): p. 20-23.

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