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En Route vers un Nouveau Territoire

Premi�res personnes - homme
Collection Multimédia

Dr. Michael Wilson

Département de Géologie, Collège Douglas

L’environnement du corridor libre de glace

Nous avons parlé du corridor libre de glace comme s’il s’agissait, au moment de son ouverture, d’une sorte de super autoroute à travers une toundra steppe. Par steppe je veux dire prairie, alors que la toundra nous renvoie généralement l’image d’une communauté d’herbacées. Pour des animaux herbivores, une toundra steppe aurait été facile à traverser. Ils auraient pu se déplacer vers le sud via le corridor. Mais comme toujours, l’histoire est beaucoup plus compliquée que cela.

L’ouverture du corridor était associée à la fonte des glaces, et le glacier de l’ouest était légèrement plus élevé que le glacier de l’est. La pente des prairies s’élève bien sûr vers l’ouest. Cela signifie que la glace fondait du côté ouest, et que beaucoup d’eau s’écoulait de l’inlandsis de la Cordillère. L’eau s’écoulait donc vers l’est à travers les plaines, jusqu’à ce qu’elle rencontre l’inlandsis laurentidien, lequel était également en train de fondre et de déverser de l’eau. Vous aviez alors toute une série de grands lacs glaciaires qui occupaient une portion importante du corridor libre de glace. Le corridor libre de glace n’était donc pas un territoire facile à traverser. Il était parsemé de plusieurs de ces grands lacs et, pis encore, ces lacs étaient emprisonnés par de la glace. Alors que la glace se retirait de plus en plus vers l’est, ces lacs se déversaient périodiquement dans les prairies, à travers de petites crevasses au sud et à l’est, parfois de façon catastrophique.

Le corridor libre de glace a donc non seulement été l’endroit où de très grands lacs se sont formés, et ont pu faire obstacle aux déplacements des groupes humains et des animaux, mais il était également la scène de fréquentes inondations torrentielles, lorsque de petits barrages de glace se rompaient et que l’eau des lacs se déversait soudainement sur de vastes territoires en s’écoulant au sud et à l’est. Dans certains cas, dans la portion nordique du corridor, l’écoulement se faisait vers le nord; ce phénomène s’effectuait donc dans deux directions, au nord et au sud du corridor. Les inondations torrentielles étaient une activité constante.

C’est aussi quelque peu problématique en termes de visibilité archéologique, étant donné que tout site archéologique situé dans cette région aurait très bien pu être détruit par des inondations torrentielles. Quand un tel phénomène a eu lieu, c’est possible que les données que nous observons soient très endommagées. Quand vous y pensez, le corridor libre de glace est bien plus qu’une simple question comme “Attendons qu’il soit ouvert et alors nous pourrons aller vers le sud.”

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