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En Route vers un Nouveau Territoire

Chameau d'autrefois
Collection Multimédia

Dr. Dana Lepofsky

Département d’archéologie, Université de Simon Fraser

Le site McCallum

Les archéologues ont appris l’existence du site McCallum vers 1950. Bien sûr, les gens du coin connaissaient ce site depuis beaucoup plus longtemps. En 1950, une dame du nom de Marion Smith, rattachée à l’université Columbia, est venue ici : nous supposons qu’on lui avait dit qu’il y avait un site ici, un village important dans la tradition autochtone. On lui dit également que le nom du village était Tsitsqem, qui se traduit par ‘éclats de cosses de noisetiers’, ou ‘écorce de sapin de Douglas’. Si vous regardez alentour, vous verrez qu’il y a beaucoup de sapins de Douglas et de noisetiers.

À ce moment, Marion effectua le relevé des structures qui étaient visibles à la surface. Nous pouvons supposer que ces structures étaient très distinctes car la carte est très claire. Nous voyons sur la carte des maisons rondes, des maisons carrées et des maisons ovales. Pour que la carte de 1950 puisse montrer si clairement ce genre de détails, nous croyons qu’il fallait que ces maisons soient assez récentes.

Marion Smith a effectué des fouilles dans une partie d’une maison. En fait, c’est la maison dans laquelle nous travaillons aujourd’hui et nous espérons trouver la tranchée qu’elle a creusée. Dans ses notes, nous lisons qu’elle a trouvé des poteaux et des poutres de la maison en très bon état de conservation, bien que partiellement brûlés. Nous savons, vu qu’ils n’étaient que partiellement brûlés et qu’il restait des morceaux de bois, que la maison ne pouvait pas être très vieille : dans ce climat, le bois commence à se dégrader après une couple de siècles. Nous pensons donc qu’elle travaillait dans une maison âgée d’environ deux cents ans, et qui était probablement directement reliée au village de Tsitsqem. Si vous regardez les champs, vous pouvez voir beaucoup des changements dans les ombres et des dépressions que Marion Smith et son équipe ont vus en 1950. Ce champ a été labouré depuis ce temps et les dépressions ont été remplies. Cependant, vous pouvez toujours voir des secteurs plus foncés dans les zones qui ont été labourées, secteurs qui sont les restes des maisons qu’ils ont vues, et que nous voyons sur la carte de 1950.

Nous avons effectué des labours ici parce que la carte de Marion Smith nous dit que Monsieur McCallum (qui était le propriétaire de ce terrain à ce moment) y a aussi labouré. Un des problèmes auxquels nous devons faire face comme archéologues est qu’il est très difficile, à partir de notre travail minutieux dans un espace de un mètre par un mètre, de déterminer ce qui se passait dans l’ensemble du village. Nous avons donc tiré avantage du fait que ce champ était labouré. En creusant de petites unités de test, nous avons déterminé que le champ avait été labouré sur une profondeur d’environ 10 cm en 1950. Nous avons ensuite demandé à quelqu’un de labourer le champ aujourd’hui en deux grandes fauchées. Nous espérions que le sol qui avait été labouré il y a 50 ans le serait également aujourd’hui. Nous pensions que si des artefacts ou des charbons de bois émergaient à la surface, cela nous permettrait de voir des patterns au niveau du village que nous n’aurions pas pu voir autrement. Un aspect de ce site qui est des plus intéressants est que nous avons ces dépressions à la surface qui correspondent à une carte très détaillée d’un site âgé d’environ deux cents ans et relié à une tradition orale.

En fait, nous pensons que ce site est beaucoup plus ancien et que la tradition des gens qui vivent ici date d’il y a des milliers d’années, peut-être même d’il y a 10,000 ans. Nous savons cela parce que récemment la route qui donne accès à ce site a été agrandie. La chance étant de notre côté, les travaux d’excavation sur le côté de la terrasse ont mis à jour une série de grosses dépressions que nous pensons être des maisons semi souterraines.

Nous avons supposé à première vue que ces dépressions étaient les mêmes que celles qui apparaissent sur la carte de 1950. Cependant, après avoir comparé nos relevés avec les cartes plus anciennes et avoir effectué des datations par le radiocarbone, nous avons réalisé que ce qui a été trouvé en 1950 était beaucoup plus récent. Ce que nous voyons maintenant, selon les datations par le radiocarbone, est âgé d’au moins 4,000 ans et possiblement de 10,000 ans. Ce qui est très excitant!

Nous sommes donc en présence d’une très longue tradition d’occupation humaine en ces lieux. C’est un endroit parfait pour y prendre résidence. Cela a été un des premiers endroits qui se sont élevés et asséchés après le retrait des glaciers il y a 10,500 ans. Des gens peuvent s’y être établis – c’était un endroit sécuritaire. Comme la rivière passait probablement à proximité, c’était un bon endroit pour se procurer de la nourriture. Il est ensuite devenu un marécage, un autre bon endroit où vivre. Il jouit d’une excellente vue, qui vous permet de voir venir vos ennemis et vos amis, et de les accueillir. En fait, c’était probablement en général un bon endroit stable pour établir un village, un endroit où nous pouvons nous attendre à trouver les traces d’une longue occupation.

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