Artefacts choisis: La saignée en Mésoamérique
La saignée, cette pratique maya remontant aux temps anciens, est encore pratiquée de nos jours. Elle est employée pour soigner, pour honorer les dieux, mais parfois aussi pour punir. Pour fabriquer ces instruments, on se sert communément de tessons de verre, d'incisives de rongeurs ou de dents de serpents. La pointe acérée est soit fixée àun morceau de bois, soit enfoncée dans de la cire ou encore, pour un usage immédiat, simplement tenue entre les doigts. Aujourd'hui, on emploie souvent des tessons de bouteilles de bière parce qu'ils sont très pointus et coupants.Les instruments qui servent pour des raisons médicales sont habituellement fixés àun morceau de bois ou tenus àla main. On perce ainsi certaines régions spécifiques du corps pour tenter de soulager la douleur, comme les maux de tête, les douleurs musculaires et le rhumatisme. Ce traitement est parfois appliqué àla maison, mais dans des cas plus sévères, il existe des rites curatifs plus élaborés. Dans certains cas, un sauna rituel est employé lors de la cérémonie de la saignée. La vapeur stimule le flot sanguin et aide àdiminuer la douleur. On recueille parfois le sang dans des gourdes ou des feuilles afin que le guérisseur, en l'examinant, puisse déterminer la nature de la maladie affligeant le patient. Il arrive aussi que le sang soit brûlé en guise d'offrande.
Un autre instrument couramment employé pour faire des saignées est le ch'awil ch'ajan, ce qui veut dire littéralement "ficelle cirée". Il s'agit d'une balle de cire, d'environ 6 cm de diamètre, dans laquelle sont enfoncés des éclats de verre ou d'autres objets acérés. Cette balle est fixée àune corde ou une ficelle. On en parle souvent comme d'une balle de pénitence, car on se sert de cet instrument pour se flageller en repentir de ses péchés passés. Pour des péchés mineurs, trois coups dans le dos suffisent, mais les péchés plus graves méritent treize coups. Les Mayas ne se servaient pas tous du ch'awil ch'ajan pour faire pénitence; certains groupes les employaient plutôt pour punir d'autres personnes.


