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À la rencontre des sciences médico-légales

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Reconstitution Faciale

 Ressources / Reconstitution Faciale

Reconstitution faciale

La reconstitution faciale est une méthode qui essaie de recréer le visage d'un individu à partir des caractères de son crâne. La reconstitution faciale peut être utilisée par des enquêteurs médico-légaux, des anthropologues et des archéologues pour les aider à identifier une victime inconnue, pour faire le portrait des visages de personnages historiques ou pour recréer les traits des ancêtres fossiles humains. Quoi qu'il en soit, la reconstitution faciale dépend autant d'interprétations artistiques que des connaissances anatomiques et plusieurs chercheurs considèrent cette méthode trop subjective. Par conséquent, la reconstitution faciale demeure controversée et elle est généralement considérée uniquement lorsque les autres techniques d'identification ont échoué.

Si une enquête a un recours à la reconstitution faciale, les approches bi- et tri-dimensionnelles sont à la disposition des spécialistes. Les reconstitutions bi-dimensionnelles consistent à calquer les traits faciaux sur une photographie du crâne. Cela peut être fait à la main ou en utilisant des logiciels spécialisés dans le design graphique. Les marqueurs des tissus profonds peuvent être appliqués sur le crâne avant qu'il soit photographié afin d'aider le dessinateur à recréer les tissus mous. Les techniques bi-dimensionnelles sont relativement rapides, efficaces et économiques. De plus, elles permettent que des petits ajustement au niveau des cheveux ou de la face soient faits rapidement et facilement. Ainsi, les méthodes bi-dimensionnelles dépendent largement des aptitudes du dessinateur, de l'état complet du crâne et de la qualité de la photographie originale.

De plus en plus, les techniques tri-dimensionnelles servent à recréer les visages d'individus que ce soit par l'utilisation de pâte à modeler sur le crâne ou de logiciels informatiques d'interprétation. Le modelage produit des représentations visuellement convaincantes, mais il est long et dispendieux. De plus, à moins qu'un moulage du crâne ne puisse être fait, les techniques de modelage restreindre l'accès au crâne pour d'autres objectifs et elles ne sont pas recommandées. Les applications des logiciels tri-dimensionnels sont une alternative au modelage qui permet de scanner le matériel et de le manipuler sans compromettre son intégrité. En utilisant l'outil du miroir, le modelage informatique peut aussi compenser pour le matériel manquant plus facilement que les autres techniques. Ainsi, comme pour la photographie bi-dimensionnelle, les images digitales sont susceptibles à la distorsion et  une attention particulière doit être portée pour s'assurer que les restes ne sont pas incorrectement recréés.

La surimpression photographique est un autre outil d'identification associé à la reconstitution faciale. La surimpression diffère dans sa reconstitution du fait qu'elle n'implique pas un visage 'inconnu'. Elle tente plutôt de 'confirmer' l'identité d'un individu en comparant des photographies ou des radiographies d'un crâne avec des photographies antemortem de la présumée victime. Ici, les enquêteurs suspectent déjà que les restes soient ceux d'un individu particulier et ils tentent d'arriver à une identification positive plutôt que circonstancielle.

Comme il a été mentionné plus haut, ce ne sont pas tous les chercheurs qui acceptent la validité de la reconstitution faciale et il reste d'importants défis à relever. Premièrement, la corrélation entre les traits osseux du crâne et ceux des tissus mous de la face demeure faible. Plusieurs muscles faciaux sont grandement variables autant dans leur structure que par leur présence et plusieurs ne s'attachent même pas directement sur le crâne. Par conséquence, il est difficile voire impossible de reconstruire certains muscles à partir des os seulement [tissus durs]. De plus, il n'y a aucun moyen de prédire le taux de gras sous-cutané dans le visage, ceci ayant clairement un impact sur l'apparence finale. Un deuxième problème se rapporte aux tissus profonds. Toutes les techniques d'estimation utilisent une moyenne des tissus profonds calculée à partir d'échantillons de référence. Malheureusement, ces données sont limitées autant en quantité qu'en couverture des âges, des populations et des types corporels. Par conséquence, un visage « fini » sera différent dépendamment  de l'ensemble de standards utilisé. Un autre problème se rattache à la précision et à la fiabilité. Des règlements légaux autant au Canada qu'aux États-Unis exigent maintenant que les méthodes utilisées dans les enquêtes criminelles rencontre des critères spécifiques pour la validité scientifique. Cela assure que les preuves présentées en cour sont basées sur des méthodes testables qui utilisent des standards acceptés et des marges d'erreurs connues. Jusqu'à maintenant, la reconstitution faciale ne rencontre pas ces critères.

Somme toute, les techniques de la reconstitution faciale fournissent des moyens de générer de nouvelles pistes ou étincelles d'intérêt public dans un cas qui peut mener à une première identification. À travers des représentations dramatiques du passé, elles peuvent aussi stimuler l'intérêt dans le nouveau matériel archéologique et promouvoir les recherches additionnelles. Cependant, les reconstitutions faciales ne doivent pas être prises pour des représentations authentiques d'individus du passé et les méthodes doivent être utilisées avec précautions jusqu'à ce que des recherches futures les valident.